L’hermine

Mustela erminea (Linné, 1758)

L’hermine est bien présente dans le bassin genevois, en plaine comme en montagne. Reste à préciser ce que “bien” signifie. L’Atlas des mammifères du bassin genevois, publié récemment aux Editions Faune Genève, nous livre le bilan des dernières observations.

Les populations d’hermines fluctuent énormément. Ces carnivores dépendent étroitement de l’abondance des campagnols dont les effectifs varient fortement d’une année à l’autre. Mais cela n’explique pas tout. Les hermines étant en très petites populations, leurs prédateurs peuvent avoir un fort impact. La présence, chaque hiver, de plusieurs grandes aigrettes dans la région de la haute Seymaz est peu être pour quelque chose dans la raréfaction des hermines si fréquemment observées entre 2010 et 2014.
Lors de mon étude des mustélidés du canton de Genève (1978-1981), l’hermine a été observée sur l’ensemble du canton.

Comme celles de la fouine, de la martre et de la belette, les oreilles de l’hermine sont composées de deux lobes, un petit et un grand. On le voit bien sur ces portraits.

C’est bien connu, l’hermine brune en été devient blanche en hiver … sauf le bout de la queue qui reste noir.

Portraits tirés un 2 janvier par Nicole Petitpierre. L’hermine est quasi toute blanche; encore un peu de brun reste autour des yeux. Dans un paysage sans neige elle est une proie dangereusement visible.

Ci-dessous, des images d’individus en mue à différents moments de l’année. Au printemps, le changement de pelage commence généralement par la tête, continue par la nuque et se propage en  direction de la queue et des flancs. Mais des poils bruns peuvent apparaître ça et là dans le blanc.

L’hermine poursuit les campagnols dans les galeries, mais elle sort fréquemment pour voir si sa proie n’a pas fuit en surface. Voici des images extraites d’une séquence filmée en janvier 2014 par Nicole Petitpierre: la capture en surface d’un gros campagnol.

Parfois, notamment après la capture d’une proie, l’hermine se lance dans une course folle ponctuée d’invraisemblables cabrioles.

On cherche l’hermine dans les champs … mais elle peut aussi explorer les branches d’un arbre. Sachons lever le nez.